Port Arthur

01/02/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message

Hello tout le monde,

J'espère que vous allez tous bien.
Alors les nouvelles du front, je suis toujours en Tasmanie.
Dernièrement, je suis allée visiter Port Arthur qui résume bien le passé de l'Australie en tant que colonie pénitentiaire.
Donc, les "non-passionnés d'histoire"peuvent zapper cet article ...

Histoire de Port Arthur :

 En 1830, le gouverneur Arthur décida d'envoyer sur la péninsule de Tasman les criminels récidivistes de la Colonie. Considérée comme un "pénitencier naturel", la péninsule était reliée au continent par une bande de terre de moins de 100m de large, appelée Eaglehawk Neck (cou de l'aigle-vautour). Pour empêcher toute évasion, des chiens de garde féroces étaient enchaînés le long de l'isthme et, selon la rumeur, les eaux étaient infestées de requins.
 Entre 1830 et 1877, environ 12 500 prisonniers purgèrent leur peine à Port Arthur. Pour certains, ce fut l'enfer, mais d'autres bénéficièrent, pour bonne conduite, de conditions bien meilleures que celles qu'ils avaient connues en Angleterre ou en Irlande.
 Ce pénitencier devint le centre d'un réseau de bagnes aménagés sur la péninsule, mais Port Arthur était bien plus qu'une ville prison : les forçats y édifièrent de beaux immeubles, et des activités s'y développèrent comme l'exploitation du bois et du charbon, les chantiers navals, la cordonnerie et la fabrication de clous.
 En Avril 1996, Port Arthur connut un terrible fait divers : un tireur fou y tua 35 personnes et en blessa plusieurs autres parmi les touristes et les gardiens. Il fut arrêté après qu'il eut mis le feu à une pension.


Description du site :

La maison du commandant : Hall maison du commandantChambre du commandant
La maison du commandant était protégée par un mur qui entourait un joli jardin de fleurs, de fines herbes, d'arbres fruitiers et de légumes.
Le commandant était responsable de tous les quartiers.

La Tour de Garde : Tour des gardes
Les soldats surveillaient les forçats au travail.
La Tour de Garde comprenait un arsenal, un corps de garde, une tour de guet et trois cellules pour soldats, délinquants civils et servantes détenues.

Le pénitencier : PenitencierAutre cote du penitencier
Il contenait 138 cellules indépendantes : Cellule, aux deux étages inférieurs, pour les "lions", "des détenus de mauvaise réputation condamnés à une lourde peine". Au dessus, se trouvaient la salle à manger (servant aussi d'école le soir), une bibliothèque et une chapelle catholique. Interieur du penitencier

Les quartiers industriels :
Les ateliers étaient essentiels à la survie de la colonie et au dispositif de réforme. Ils permettaient la formation professionnelle, et procuraient les marchandises indispensables pour la colonie et des surplus pour la vente. Il y avait divers ateliers sur la côte sud de la crique. Ils regroupaient des forgerons, des charpentiers, des tonneliers, des tourneurs de bois, des tailleurs, des cordonniers et des cloutiers.

L'hospice :
L'hospice hébergeait des hommes trop âgés ou trop faibles pour subvenir à leurs besoins. Ils étaient quand même traités comme des prisonniers. On les faisait travailler dans la mesure de leurs capacités pour les forcer à être utiles et obéissants. Parmi eux, on comptait un berger, un nourrisseur de porcs, un allumeur de réverbères, un gardien d'horloges et des servantes d'officiers.

L'asile : Asile
La plupart des hommes dans cet asile d'aliénés souffraient de dépression, de démence ou de maladie mentale. Ils étaient soignés dans un environnement calme et propre, avec gentillesse, de l'exercice physique et des divertissements, du réconfort religieux et du travail. Les salles étaient spacieuses et bien éclairées. Les patients difficiles étaient isolés.
L'asile fut reconstruit, avec d'importantes modifications, à la suite de sérieux dégâts causés par des incendies en 1895. Il fut le siège de l'hôtel de ville et du foyer municipal jusque dans les années 1970.

L'hôpital : Hopital
Il compte des salles pour 80 patients détenus, une réserve, une cuisine, deux morgues, un lavoir et une salle pour la collecte des déchets.
La plupart des patients avaient été blessés au travail ou souffraient de maux respiratoires ou de rhumatisme après avoir travaillé dehors et avoir dormi dans des cellules froides avec des vêtements mouillés.
Tout homme était soupçonné de simuler sa maladie jusqu'à preuve du contraire.
Le chirurgien avait comme assistants des garçons de se salle détenus. Il utilisait une aiguille à repriser pour suturer les plaies et appliquait ensuite une pommade confectionnée sur place à partir de graisse de porc fondue.

La petite maison de Smith O'Brien : Maison de Smith O'Brien
Cette petite maison, qui était à l'origine une écurie, hébergea le parlementaire irlandais William Smith O'Brien, l'un des détenus politiques les plus célèbres de Port Arthur. Il était membre d'un groupe révolutionnaire qui luttait pour l'indépendance de l'Irlande face à la Grande Bretagne.

La prison isolée : Prison isolee
Chaque nouveau venu passait de 4 à 12 mois ici dans l'isolement et le silence; il était en permanence surveillé. Il passait 23h par jour dans sa minuscule cellule, où il fabriquait des vêtements, des souliers, des tapis et des balais. Le reste du temps, il le passait à la chapelle, à faire des travaux de nettoyage et de l'exercice.
Quand il était à l'extérieur, on lui faisait porter un masque pour l'empêcher de lier contact avec les autres détenus.
Toute infraction était punie d'un emprisonnement pouvant aller jusqu'à 30 jours dans la cellule de punition, où il était contraint à l'obscurité totale, au silence complet et à un régime de pain et d'eau Ration journaliere.

L'église : Eglise
Tout le monde était contraint d'aller à l'église le dimanche et jusqu'à 1100 personnes se recueillir ici. Les forçats priaient dans la nef, surveillés par une garde armée, et les personnes libres s'asseyaient de part et d'autre sur des bancs en bois surélevés, derrière un rideau.

La maison du magistrat : Maison du magistrat

Le port et les chantiers de construction navales
La mer était la voie d'accès principale entre Port Arthur et le monde extérieur. Des bateaux chargés de forçats et de provisions essentielles à flots et puis repartaient chargés de produits manufacturés, destinés aux entrepôts gouvernementaux ou aux marchés.

L'île des morts
Environ 1100 personnes furent enterrées ici. Même dans la mort une hiérarchie sociale rigoureuse fut maintenue. La partie basse de l'île était réservée aux forçats, aux fous, aux invalides et aux indigents. La partie élevée était réservée aux enterrements civils et militaires.

La prison Pointe Puer pour garçons
Ce fut la 1ère prison pour garçons de l'Empire Britannique; son but était de protéger les garçons contre la corruption des hommes plus âgés et de les munir de compétences utiles pour l'avenir. En 15 ans, 3000 garçons âgés de 9 à 17 ans passèrent par la pointe Puer. La plupart furent des enfants de la rue issus de taudis britanniques.
Les logements étaient surpeuplés et délabrés. Les garçons se brutalisaient entre eux et agressaient le personnel; ils volaient tout ce qu'ils pouvaient et beaucoup d'entre eux s'évadèrent.
Les garçons passaient de nombreux jours enfermés dans des petites cellules, condamnés au pain et à l'eau, pour des délits d'ordre mineur. Par contre les garçons qui se comportaient mieux avaient droit à une éducation formative telle que la cordonnerie.

Voilà un bref descriptif de l'un des quelques rares lieux empreints d'histoire en Australie.

A très bientôt
Gros bisous à tous.
Aline

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